=> A L'AUBE
==> Prochain court métrage de Mathurin Ray (avec ma participation co-scénaristique :D)
===> Scénario que j'apprécie vraiment.
====> Allez Mathurin on y croit, faut se mettre au boulot c'est tout mais cette fois c'est du sérieux...
=====> Toute façon tu me l'as toi même dit : " quoiqu'il arrive; celui là je le réalise!!".
Réalisation Mathurin R.
avec Fabien M. ...
Scénario Mathurin R., Antoine L.
Storyboard Marion L.-G.
J&J ( xD)Note de Mathurin RayLe 10 avril 2008
Je conçois le cinéma et j'ai un besoin manifeste de cinéma comme un art permettant la création d'atmosphères. L'idée menant à l'élaboration d'une histoire, d'un récit est une chose. Mais je pense que lorsque l'on monte un film le tout est de savoir transmettre au spectateur un univers particulier qui servira notre idée et notre histoire. Comment capter un spectateur sinon en lui montrant une réalité qui n'est certes pas la sienne mais où l'on rejette toutes formes de « réalisme » en exposant pourtant des émotions constructrices d'un rêve tellement proche de tout être humain ? François Gorin parlait à propos d'Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick du fait que ce dernier avait tiré de Schnitzler (auteur de la nouvelle sur laquelle a été adapté le film) « des blocs, des scènes clés auxquelles il insuffle parfois une grande intensité, mais sans qu'elles soient reliées entre elles par ce nerf du récit qu'est la rumination intérieure du narrateur». Ces mots sont injustes dans le sens où Kubrick sublime ces morceaux de cinéma que sont ses scènes en nous offrant la possibilité de les imprimer dans notre pensée pour pouvoir en créer nous même intérieurement les liens que l'on désir. Pourquoi critiquer cette liberté ? Cette leçon en tête, nous nous sommes efforcés Antoine Lefèvre et moi de construire cette atmosphère de contrastes que l'on trouve dans le scénario de À l'aube animés par ce même amour pour le cinéma, pour les histoires et pour les comédiens. Et en effet, nous sommes conscients que comme tout scénario, mais celui-ci encore plus que les autres, À l'aube reste très petit par rapport à ce qu'il sera quand des comédiens le joueront et aboutiront l'atmosphère que nous avons proposé.
Notre sujet peut paraître, aux abords, assez violent un jeune garçon bourgeois qui lutte littéralement contre une pauvreté incarnée par le SDF mais qui en réalité est maîtresse de sa propre personne. Ainsi, nous décrivons cette lutte quotidienne et commune à toute une jeunesse et à toute une société à travers ces personnages si différents et si proche à la fois. Oui nous revendiquons notre révolte adolescente. Le cinéma selon la formule de Leos Carax est la meilleure façon d'aborder l'imposture d'hommes et de femmes qui se rejettent en s'attirant et s'attirent en se rejetant. Des relations intenses qui s'articulent dans notre scénario entre ce trio composé de Jim, de Jules et d'une femme et qui reflète d'une certaine façon de façon différente chez chacun les parcours nos jeunes vies.
Finalement, nous avons conçu en tant que jeunes et timides adolescents cette histoire parce que nous sommes amoureux du cinéma, des filles, d'une fille, de la vie. Et nous voulons que d'autres vies soient bouleversées et que d'autres lacs, où nous jetons de toutes nos forces ces cailloux que sont nos émotions, soient troublés...
Note de Antoine LefevreLe cinéma est ma passion et il est juste d'affirmer que le cinéma reflète et transmet la passion au spectateur. De quelle passion parlons nous ? Il est difficile de faire une description totale et précise de celle-ci puisqu'elle me parait propre à chacun. Ainsi une réalisation cinématographique n'est qu'une ligne directrice relativement vague. On sent derrière elle une volonté d'apporter quelque chose, une passion, un sentiment, une émotion mais elle doit se conforter dans le fait de n'être qu'un vecteur grossier ; seul le spectateur est libre de choisir la nature de cet apport et ceci en fonction de sa propre situation ( d'où une analyse autre que mon collègue ). L'interprétation est unique et personnelle, oserais-je dire éphémère ? Ce qui fait d'un bon film cet adjectif du « bon » n'est elle pas la première impression qui s'en dégage lors de la première vision, cette petite chose qui se perdra par la suite, cette saveur qui disparaîtra ensuite lors des rediffusions. Je ne dis pas que le cinéma doit apporter du bonheur, bien au contraire, il serait dommage d'enfermer cet art dans cette optique. Ce serait un gâchis monumental. Ce que je souhaite faire comprendre, c'est que la sensibilité de l'être humain est composé d'un panel extraordinairement développé autre que le bonheur simple. Le cinéma se doit d'en explorer toutes les facettes et les faire ressortir, toucher la sensibilité est de mon point de vue, son but premier.
Selon moi, le court métrage À l'aube se conçoit comme un reflet de la vie, certes violente et brutale, mais vraie. Au premier coup d'½il, Jules et Jim sont totalement différents de par leurs statuts, mais pourquoi dans ce cas avoir choisi le même acteur ? Je ne sais pas moi-même, puisqu'il s'agit d'une idée de mon collaborateur Mathurin Ray , cependant je peux l'interpréter : nous sommes en présence de deux possibles, deux dérivés de ce qu'une et même personne peux devenir. Tout dépend de cette gigantesque loterie qu'est la vie, la bonne fortune ou la malchance. Nous en revenons donc à une question cruciale que tout le monde s'est forcément déjà posé une fois : « Suis-je libre de vivre ma vie comme je l'entends, ou suis-je dépendant de quelque chose au dessus de ma compréhension ? ». Certain y verront la marque d'un dieu, moi je ne m'en remet qu'au hasard. Mais d'avoir travaillé sur ce sujet me trouble plus profondément, et j'en viens à me demander si ce que je suis maintenant, au moment où j'écris ces lignes, aurait pu être extrêmement différent si j'avais dans mon passé fait d'autres choix. Chacun est libre d'interpréter comme il le souhaite ce court métrage. Personnellement, ce qu'il m'apporte est une preuve de plus que le contexte est plus important que le concept, ce dernier étant susceptible d'être influencé.
TOP 10
◘ Underground d'Emir Kusturisca
◘ Old Boy de Park Chan-wook
◘ Pulp fiction de Quentin Tarantino
◘ La ligne verte de Frank Darabont
◘ Into the Wild de Sean Penn
◘ Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet
◘ L'auberge espagnole de Cédric Klapisch
◘ Fenetre secrete de David Koepp
◘ Forrest Gump de Robert Zemeckis
◘ Gladiator de Ridley Scott
Honte à celui qui n'a pas vu au moins un de ces chef d'oeuvres ( mais honnetement je pense que c'est impossible).